Cinexpression

Actu, critiques, études…

Cinexpression vous propose d’aborder dans cette revue de presse les rapports entre le Cinéma et la Photographie. Les angles d’attaque ne manquent pas car le sujet est forcément aussi vaste que l’Histoire dans laquelle s’inscrivent ces deux Arts majeurs du XXème et XXIème siècle.

Pourtant, peu de livres s’intéressent à la question. Du moins directement. De nombreux ouvrages de photographies recueillent les images de tournages, les portraits d’acteurs et d’actrices, les images des stars à l’occasion de Cannes. Le cinéma « fabrique » les idoles que de nombreux photographes se réjouissent de capturer en vue de projets multiples. La photo et son exposition valorisent l’image d’une vedette participant pleinement au «star-system cinématographique».

Du point de vue commercial, la photographie joue un rôle essentiel dans la promotion d’un film en tant qu’affiche du film. Par sa présentation, sa composition bref sa façon de « montrer » le film est révélatrice de la stratégie commerciale et aussi du type de film. L’affiche de blockbuster est souvent très différente du film « art et essai », comme l’affiche de science-fiction est très différente de l’affiche d’un film comique.

Il n’a échappé à aucun lecteur attentif de génériques de films que l’équipe de production au cinéma se compose d’un directeur de la photographie. Ce dernier a la responsabilité de la qualité de l’image : son cadre et sa lumière. La notion de cadre réunit les deux arts qui ont pour point commun d’être des arts de l’image, donc des arts visuels. L’échelle du plan dépend (par définition) du cadrage. Le montage de différents plans, leur assemblage impulse une dynamique et participe à la création de l’ambiance du film. L’échelle du plan est capable de « convoquer » l’émotion puisque le gros plan a cette fonction de capter les émotions sur le visage du personnage. La pratique photographique est également soucieuse de l’échelle du plan : la qualité du cadrage fait partie intégrante du jugement que l’on peut avoir d’une photo : il constitue un critère artistique. De près ou de loin, trouver la juste distance vis-à-vis d’un sujet cinématographique comme d’un sujet photographique est l’affaire commune du septième art et de son aîné. La lumière a également un rôle majeur au cinéma puisqu’elle caractérise le style de l’ensemble visuel, crée des ambiances, appelle l’attention spectateur vers un détail du plan. La photographie est littéralement l’écriture par la lumière : le «rendu» des éléments d’une photo découle de l’exposition lumineuse de la photo, élément technique de base.

Ce qui différencie indiscutablement les deux disciplines artistiques c’est le mouvement. Mais les choses ne sont pas aussi simples que l’on croît. Le mouvement est produit au cinéma par un certain nombre de photogrammes qui assemblés par le moyen du montage produisent le mouvement des éléments de l’image. Et une composition photographique est elle aussi tout à fait capable de suggérer le mouvement et même de raconter «une histoire» ou même l’Histoire (le photo-reportage, la photo officielle). La question du montage est elle aussi commune aux deux disciplines. Une «bonne photo» c’est aussi l’affaire d’un montage réussi : à partir de l’étape de la composition (dont la très célèbre règle des tiers) jusqu’à celle du post-traitement : la retouche.

Dans leur pratique du regard de nombreux artistes témoignent du fait que la photo et le ciné sont des parents proches. Raymond Depardon, qui, en plus d’avoir rapporté des photos venues des différents conflits qui ont tristement animés le XX ème siècle, a aussi réalisé de savoureux documentaires comme Délits flagrants (1994) et Journal de France (2012). Chris Marker avec son célèbre roman-photo intitulé La jetée a montré que la frontière expressive n’était pas si difficile à franchir. Enfin, William Klein, autre nom incontournable de la photographie a fait le bonheur de la série documentaire Contacts pour Arte. Par le moyen du documentaire et du court métrage il a ainsi fait partager la réalité du travail photographique. William Klein par William Klein explique que l’on ne connaît rien du travail d’un photographe (même s’il est reconnu). Seulement deux secondes, somme des déclenchements de l’artiste. Composer une photo, un plan au cinéma prend bien plus que ces quelques secondes immortalisées par le déclenchement de ces machines à arrêter le temps.

Pour approfondir ce sujet et compléter cette revue de web-presse voici quelques liens :

Le ciné club de Caen s’est lui aussi intéressé aux rapports entre le cinéma et la photographie : http://www.cineclubdecaen.com/analyse/cinemaetphotographie.htm

Une exposition a questionné le rapport entre les deux arts, du côté du cinéma. Ci-dessous, voici l’article de la cinémathèque française à l’occasion du cycle intitulé « le cinéma photographié »(septembre 2009).

http://www.cinematheque.fr/ajax/contenu_popup_pres_cycle.php?cycle_id=235

Pour en savoir plus sur cette série Arte nommée Contacts :

http://www.artevod.com/detailFiche.html?ficheId=3154

Pour finir sur de nouvelles perspectives, on peut aussi envisager et préférer le sujet du point de vue de la photographie. Ce lien dirige vers le site photographique d’Anne-Laure Jacquart, photographe et auteure de nombreux livres sur la pratique de la photo comme Composez, réglez, déclenchez, véritable best-seller.

http://www.annelaurejacquart.com/coulisses_cinema-et-photographie_672

Categories: Revue de presse

Comments are closed.