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Trente ans après sa mort, Louis de Funès a toujours le même succès auprès du public. L’audience des diffusions télévisuelles de ses films montre bien cela. Ce qui paraît nouveau c’est le changement de regard de la critique à son égard. Pourquoi parle-t-on des « films de Louis de Funès » alors qu’il n’est pas l’auteur de ses films ? Comment réussit-il à « déborder » la mise en scène par son jeu burlesque dont on retient évidemment les grimaces et autres gesticulations. Le parcours cinématographique (commencé très tardivement) de cet homme de théâtre est source de nombreux questionnements.

Dans la plupart de ses films, l’acteur incarne des personnages de « petits chefs » dépassés par le pouvoir de leur fonction. Un « minable » aux responsabilités, une idée simple et efficace. Cette démarche satirique permet une dénonciation des failles de l’autorité. Pour le spectateur soumis aux contraintes du monde du travail ses films sont un moyen de prendre une revanche vis-à-vis des pressions sociales. La recette est souvent la même. Mais pourquoi, dans le cadre de films commerciaux, changer une méthode qui a fait ses preuves auprès du grand public ?

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De Funès incarne le Français dans ses excès et ses défauts, à la fois déplaisant et attachant. Personnage dynamique et haut en couleur son jeu est à l’image de son exploitation cinématographique (ou le contraire) : excentrique et hyperactif. Le corps s’exprime et remplace les mots. C’est la marque de fabrique de ses interprétations burlesques avec des rôles écrits à sa mesure.

Le succès commence en 1957 avec un rôle secondaire dans La traversée de Paris (Claude Autant Lara) pour lequel il est remarqué. La grande vadrouille (Gérard Oury, 1966) est considéré comme « son » chef d’oeuvre. Avec ses 18 millions de spectateurs, le long métrage est en tête du box-office des films français jusqu’en 2008, année de Bienvenue chez les ch’tis. On peut considérer que son parcours est marqué par le tournant de l’année 1964 au cours de laquelle le public découvre Le gendarme de Saint-Tropez, Fantômas et Le corniaud. Souvent associé à Bourvil dans les films de Gérard Oury (Le Corniaud, La grande vadrouille), il a joué dans plus de cent films. Le Grand restaurant, Oscar, Les Aventures de Rabbi Jacob, L’aile ou la cuisse, La soupe aux choux (pour lequel il est scénariste) : ces films parlent à plusieurs générations de français.

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La violence critique dont il a pu faire l’objet est à remettre dans le contexte cinématographique : Tati et la Nouvelle Vague lui faisaient de l’ombre. En Italie, à la même période, les grands acteurs du cinéma italien (Manfredi, Tognazzi, Sordi, Gassman etc.) subissaient eux aussi une certaine dévalorisation critique. Et pourtant le public transalpin s’identifiait à ces personnages qui incarnaient l’Italien quelconque. C’est donc surtout son étiquette de comique populaire qui nuisait à De Funès.

Merci à Franck et Jérôme, auteurs d’un site sur Louis de Funès pour leur aide à la préparation de cet article.
http://www.autourdelouisdefunes.fr

Categories: Dossiers et études

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